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Tendre et détendre

Tendre et détendre

Si nous insistons fortement auprès des plus jeunes sur la nécessité de faire des étirements après l’effort, le titre de cet article n’a rien a voir avec l’anatomie. Hier, nous étions sensés être en repos, mais le programme a un peu varié puisque nous avons visité Hebron.
Le trajet dure deux heures, en raison des mesures israéliennes qui empêchent les Palestiniens de se déplacer librement dans leur propre pays : n’ayant pas le droit de passer par Jérusalem, ils doivent contourner la ville et emprunter pour ce faire la "route de la vallée du feu", qui tire son nom de son passé accidentogène. De récents aménagements la rendent moins dangereuse bien qu’encore très spectaculaire.
Le relief est très escarpé, et on peut admirer des montagnes désertiques à perte de vue, des camps bédouins, des checkpoints, des colonies...

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On arrive à Hebron après deux longues heures, et les filles du groupe doivent se couvrir : Hebron est une ville très traditionnelle, et nous verrons ici exclusivement des femmes voilées, intégralement ou pas. Il s’agit pour les Européennes de se couvrir les épaules, d’éviter les décolletés et les shorts. Et même avec ces consignes de prudence, nous ne passerons pas inaperçu...

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Nous retrouvons ici pour nous faire la visite un professeur de droit palestinien avec un passeport français, le Dr Anwar ABU EISHEH, qui travaille à l’association Hebron- France. Cette ONG, qui se veut culturelle, doit dans le contexte particulier de la cité assumer également de nombreuses charges sociales.
En effet, Hebron, quatrième lieu saint de l’islam, est également sacré pour les juifs. A force de coïncidences, on va finir par se demander s’il n-y aurait pas un lien entre ces religions...

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Du coup, la colonisation de la ville est un objectif majeur pour les Israéliens les plus extrémistes. Hebron est donc découpée en deux zones, une sous responsabilité israélienne, l’autre théoriquement palestinienne. Vous commencez probablement à saisir que les règles étant fixées par les Israéliens, il n-y a pas vraiment égalité entre les deux parties...

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Dans la vieille ville, c’est encore pire. Le colons habitent au dessus des Palestiniens, et le harcèlement est permanent : ainsi, au dessus du vieux marché, des grillages ont été posées pour éviter au maximum les jets en tous genre (pierres, déchets, eaux usées...) des colons.
La ville est réellement coupée en deux, et c’est encore plus caricatural au Tombeau des Patriarches, la grotte où reposent les corps du patriarche Abraham, de Sarah, Isaac et Rebecah, sur laquelle a été construit un bâtiment, mosquée et sinagogue. Depuis qu’un colon a tiré sur des musulmans en pleine prière de Ramadam en 1994 pour protester contre les accords d’Oslo, tuant des dizaines de personnes et en blessant plus d’une centaine, elle est coupée en deux. Ainsi, juifs et musulmans prient à quelques mètres les uns des autres sans jamais se croiser. Au plus près, une vitre pare-balles les sépare...

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La visite, sensée durer seulement le matin, s’est prolongée par des discussions sur les problèmes de l’eau, l’éducation, la santé, et la guerre. Tout le monde voulait en savoir plus, comprendre. Il faut dire que notre intervenant, outre le fait qu’il s’exprimait dans un français parfait, parlait de façon pondérée, se mettant parfois à la place des Israéliens, évoquant les exactions palestiniennes. Cette objectivité, appuyée par un discours sorti du carcan émotionnel, renforce le sentiment d’injustice. Et il fallait voir tout le groupe du lido, pas forcément constitué d’individus naturellement enclins à écouter les leçons (en tous cas moi, c’est pas trop mon truc), être attentif et poser des questions.

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Si les faits incitent difficilement à l’enthousiasme, le Dr Anwar ABU EISHEH s’est efforcé de finir sur une note d’optimisme, presque un exploit... Quand il fallut vraiment rentrer, tout le monde succomba à la chaleur dans le bus. La tension avait été tellement palpable, les nerfs se relâchaient.
Et c’est là qu’on se dit un peu honteux que la vie est bien faite, puisque aussitôt arrivés à Ramallah, nous entrions dans un hammam turc. Les filles et les garçons étaient séparés. De notre côté, nous avions droit à un bain de vapeur, jaccuzi brûlant, pierres chaudes, peeling franc et massage efficace. Après une première semaine très dense ici, en fait, ce n’était pas un luxe...


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